LA GUERRE D'ALGÉRIE VUE PAR LES ALGÉRIENS




Création le 31 mars 2019

Renaud de Rochebrune, journaliste, écrivain, éditeur, auteur de plusieurs ouvrages d’histoire, a collaboré  à de nombreuses publications.

Né le 2 décembre 1950 à Constantine en Algérie, Benjamin Stora est Professeur des universités. Il enseigne l’histoire du Maghreb contemporain (XIXe et XXe siècles), les guerres de décolonisations, et l’histoire de l’immigration maghrébine en Europe, à l’Université Paris 13 et à l’INALCO (Langues Orientales, Paris). Enfin il est Président du Conseil d’orientation du Musée de l’histoire de l’immigration.  

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Peut-on raconter autrement l’histoire de la guerre d’Algérie ? L’ambition du livre « La guerre d’Algérie vue par les Algériens » (2011) est de se fonder sur "toutes les sources possibles" et en particulier sur des documents inédits ou difficilement accessibles et de rapporter le récit de cette guerre telle qu’elle a été vue par les Algériens, et en premier lieu par les militants et combattants indépendantistes.

Ce pari a-t-il été tenu ? La recension du livre permettra de s’en faire une idée, sachant qu’il est très difficile de connaître toute la vérité lorsqu’on n’en connaît qu’une partie. Nous y avons ajouté quelques parenthèses en tant que contribution à cette douloureuse histoire, qui n’en finit plus de hanter les imaginations des deux peuples. En fait, il eut été préférable que le titre de ce livre ait été "La guerre d'Algérie menée par les indépendantistes algériens". Il n'empêche que la qualité et la quantité des sources en fait un ouvrage indispensable pour mieux connaître les motivations, le courage, l'esprit de sacrifice, qui ont animé un nombre croissant d'Algériens à agir pour la guerre et non pour la paix.


La dernière phrase de la dernière de couverture du livre est prophétique en ce printemps algérien de 2019 : "Ce qui éclaire aussi d'un jour nouveau le destin contemporain de l'Algérie".

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Le premier chapitre commence par une citations de Messali Hadj, frappée du bon sens :
« Nous ne demandions pas que notre indépendance se réalise dans les vingt quatre heures, ni même dans les cinq ans. Nous pensions que, dans l’intérêt même de nos deux peuples, un délai d’une quinzaine d’années suffirait à nous exercer à diriger le pays, pour ensuite jouir de notre indépendance, dans une coopération s’étendant à tous les domaines. »

Puis un fait divers : le cambriolage de la  Grande Poste d’Oran, en 1949, une affaire d’apprentis cambrioleurs pour financer un futur soulèvement nationaliste. Ahmed Ben Bella est prêt à tirer son épingle du jeu si la réussite n’est pas au rendez-vous. Elle n’y sera que partiellement.


D'après les auteurs, tout a commencé dès le débarquement en Algérie de l’armée française en 1830. (Tout a commencé par l'assasinat du Dey d'Alger, Mustapha Pacha, en 1804
par les Janissaires. Mustapha Pacha était un ami du Premier Consul Napoléon Bonaparte, avec qui il avait signé un traité de paix en 1802. Depuis 1804, il n'y a jamais eu de traité de paix entre les deux pays). 

Une première occasion sérieuse de création d’un État moderne algérien par l’Émir Abd el-Kader est perdue « grâce » à Bugeaud, appelé « Bijou », (… et au Ministre de la Guerre de Louis-Philippe. Dans le livre, cependant, il n’est pas question de l’amitié entre Napoléon III et Abd el-Kader, ni du Senatus-consulte de 1865).

C’est la Troisième république, avec son « Code de l’Indigénat » qui met le feu au poudres, en faisant des « indigènes » des « sujets français », des étrangers dans leur propre pays. La première guerre mondiale fait recruter, parfois de force, des soldats pour défendre la France. (Mais quid de l’héroïsme de nombreux soldats algériens pendant cette guerre ?).

L’Émir Khaled, petit-fils d’abdication el-Kader, est un pionnier du combat pour l’émancipation des Algériens de souche, voire avec l’appui des États-Unis. Il sera considéré comme un gêneur par les responsables politiques français et devra s’exiler en Égypte.

Bientôt la suite …